Aventure Au Parc...

 

©Pierre Bougie 2009

 

 

Cela avait eu lieu au parc Roskilde, sur la rue du même nom. Mes amis et moi y passions tout nos temps libres, grimpant aux arbres
majestueusement âgés, ou plongeant sous les nombreux buissons pour jouer à cache-cache. J'avais sept ans et je m'en souviens bien parce que c'était le lendemain de ma première communion.


Je m'étais glissé sous le buisson qui enveloppait presque le long banc de bois épais et solide, juste à côté du sentier qui venait du trottoir vers le terrain de tennis. J'étais à plat ventre, sur
la terre sablonneuse bien battue et sèche par ce bel après-midi de printemps ensoleillé. Par dessous le banc, j'épiais les mouvements de celui qui devait chercher tous les autres, rentrant la tête et pressant mon corps à la base du bosquet pour le garder dans l'ombre, invisible de l'ennemi.


Une jolie jeune femme, élégamment vêtue d'une robe de lainage léger, d'un chapeau de feutre solidement fixé à ses cheveux par une longue broche, poussait un carrosse sur le trottoir.

Elle venait de s'arrêter à la hauteur du sentier menant au terrain de tennis. Elle regardait dans ma direction et j'étais certain d'avoir été découvert. Mais je n'ai pas bougé, retenant même mon souffle.

Elle a fait pivoter le carrosse sur ses roues arrière et s'est avancée vers le banc, MON banc !

A mesure qu'elle approchait, j'entendais les roues du carrosse crépiter sur le fin gravier du sentier. Les pas de la dame étaient réguliers, les fins talons de ses chaussures noires écrasant les petits cailloux, les enfonçant pour y laisser leur empreinte, à peine plus grosse que le diamètre d'une cigarette.

Je ne voyais plus maintenant que les roues du carrosse et les pieds de la dame qui s'apprêtait à s'asseoir. Je regardais ces chaussures de cuir vernis, dont le bout pointu avait l'air de me dénoncer dans ma cachette. J'avais peur et ne respirais plus. Mon corps raide comme une barre prenait appui sur mon abdomen et sur mes coudes.

"Elle va me tirer de là par les cheveux !" avais-je pensé à ce moment précis. Mais il ne se passait rien, sinon que j'avais cru entendre un léger chuchotement. Me parlait-elle? Non, elle s'adressait plutôt à son bébé qui dormait sans doute puisqu'il ne ne pleurait pas...

Comme j'allais étouffer à force de ne plus respirer, j'ai vu les chaussures pointues caler légèrement vers l'avant et se détourner de moi, pivotant d'un seul coup vers la droite, amenant à ma vue, les talons aiguilles qui ne touchaient presque pas le sol. Je me permets de respirer; la dame s'est retournée pour s'asseoir sur le banc et elle ignore manifestement ma présence.


La brise s'est levée un peu et le dense feuillage du bosquet frémit sous la caresse du vent. Je bouge un peu pour activer ma circulation et ressens une drôle de sensation au niveau de mon pénis qui frotte sur mes sous-vêtements, coincé entre le poids de mon corps et la terre battue...


Les yeux rivés sur les talons de la dame, j'examine ses pieds, ses fines chevilles, ses mollets que je pourrais toucher de peu, juste en laissant descendre mes mains qui depuis le début supportent ma tête de chaque côté de la mâchoire.

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